Série d’entrevues du Mois national du génie 2022 – Postes Canada

À l’approche des événements du Mois national du génie de l’Ontario (site en anglais seulement), nous rencontrons des leaders de la communauté du génie de l’Ontario pour discuter de l’avenir du domaine. Cette semaine, j’ai rencontré Ian Kerr, vice-président, Transformation des opérations à Postes Canada. Voici les questions que je lui ai posées, ainsi que ses réponses, sur la façon dont la pandémie a entraîné une croissance rapide du secteur de la livraison de colis au Canada et sur les technologies qui ont appuyé cet essor. 

 

Q : Parlez-moi de vous et de votre parcours. 

Je viens d’Irlande du Nord. J’ai obtenu mon diplôme en génie électrique, puis j’ai travaillé à l’usine de Bombardier Aéronautique de Belfast avant de déménager au Canada en 1997. Ma famille et moi sommes tombés sous le charme du Canada et nous avons choisi d’y rester. J’ai joint l’équipe de Postes Canada en 2008. C’était une période très intéressante. La Poste-lettres avait commencé à décliner parce que les entreprises et les gens se tournaient vers le monde numérique, mais la livraison de colis commençait tranquillement à prendre de l’ampleur. 

En 2014, nous avons remarqué un engouement grandissant pour le magasinage sur le Web au Canada. Et quand la pandémie a entraîné la fermeture des magasins en 2020, les ventes en ligne ont explosé. Nous avons constaté une croissance record de nos volumes de colis, avec une augmentation de 21 % sur 12 mois. Nous sommes très fiers de fournir un service essentiel aux Canadiens depuis le début de la pandémie. Pour continuer de répondre à la demande accrue, nous devons transformer notre entreprise. 

 

Q : Quelles ont été les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur Postes Canada?

La pandémie a entraîné une croissance énorme, mais une telle croissance s’accompagne aussi de défis. Notre capacité de tri a été mise à rude épreuve. L’un de mes principaux rôles est donc de voir à l’intégration de nouveaux systèmes de tri et à l’ajout d’installations qui nous permettront de traiter efficacement les volumes de colis accrus. Au début de la pandémie, nous avons entamé la construction d’une nouvelle installation dans la région du Grand Toronto. Elle desservira Toronto et l’est de l’Ontario, et permettra de trier un million d’articles par jour lorsqu’elle sera entièrement opérationnelle.

Nous avons bien d’autres projets d’amélioration, y compris l’ajout de nouvelles installations de livraison. Dans ce contexte de croissance, nous sommes constamment à la recherche d’innovations et de nouvelles solutions. La pandémie a engendré une énorme demande en matière de logistique pour le commerce en ligne à l’échelle mondiale, ce qui a entraîné une vague d’innovations. Au cours de la dernière année, nous avons lancé un programme de robotique qui vise l’intégration de la technologie de manutention intelligente, de systèmes et d’équipements autonomes, de la manutention robotisée et de la technologie visuelle. De plus, dans l’espace numérique, nous comptons sur l’analyse des données pour optimiser la distribution et l’utilisation des machines, et sur l’intelligence pour améliorer l’équipement et optimiser nos procédés. 

Aujourd’hui, tout ce qui se passe en coulisses relève de la haute technologie. La plupart des gens qui reçoivent des colis n’ont pas conscience de ça. Mais comme des millions d’articles sont expédiés chaque jour, l’utilisation de la technologie est essentielle. 

C’est aussi vrai pour notre parc de plus de 14 000 véhicules de livraison. Nous avons conscience qu’il faut maintenant privilégier les véhicules électriques pour que nos activités de livraison soient éventuellement neutres en carbone. La technologie doit non seulement être plus intelligente, mais elle doit aussi être plus écologique.

 

Q : Que signifie le concept d’apprentissage continu pour Postes Canada, et pourquoi est-ce important? 

Les secteurs qui ne changent pas au fil des ans sont très rares, et nous ne faisons pas exception. À Postes Canada, nous devons sans cesse composer avec des changements importants. Et le fait que nos activités reposent sur de la technologie qui change encore plus rapidement nous oblige à toujours nous perfectionner. Tout le monde doit progresser parce que le monde est en évolution constante, surtout dans le domaine du génie. Nous devons améliorer nos connaissances techniques, mais aussi savoir ce qui se passe dans la société et sur le plan économique afin d’apporter une perspective plus vaste à notre travail. Le rythme du changement exige un apprentissage continu. 

 

Q : Parlons maintenant du Mois national du génie, dont la quatrième semaine met l’accent sur l’équité, la diversité et l’inclusion. Quels sont les principaux problèmes à ces chapitres quand il est question des femmes en génie? 

La question de la diversité en ce qui concerne les femmes en génie est d’ordre générationnel. Selon nous, des changements s’imposent à tous les niveaux, en commençant par les écoles. C’est la clé pour que le changement se fasse au fil du temps, et c’est pourquoi j’appuie fortement l’initiative 30 en 30. Nous essayons vraiment d’en apprendre davantage sur les programmes scolaires et sur la façon dont nous pouvons permettre aux ingénieurs et ingénieures de Postes Canada d’y participer. Quand ils entendent le terme « ingénieur », beaucoup de gens s’imaginent quelqu’un en bleu de travail qui répare des trains avec une clé à molette. Ce stéréotype du vingtième siècle doit changer. Il n’est pas représentatif des personnes qui pratiquent ce métier aujourd’hui ni de leur relève. 

 

Q : Pourquoi diriez-vous qu’il est important d’avoir une main-d’œuvre plus diversifiée, en particulier qu’il y ait plus de femmes en génie? Quels en sont les principaux avantages? 

À Postes Canada, nous servons l’ensemble des Canadiens et nous devons tous les représenter. Il est important que la diversité au sein de notre équipe reflète celle du pays où nous travaillons. Il faut aussi pouvoir compter sur une main-d’œuvre compétente. Les organisations qui se privent d’un personnel qualifié, intentionnellement ou non, passent à côté de ressources précieuses. Il y a beaucoup de personnes au talent non exploité qui ne s’aventurent pas dans certains domaines pour la simple et bonne raison qu’on ne les y attire pas. Au bout du compte, nous sommes tous perdants. Nous avons besoin du savoir-faire de l’ensemble des gens au pays. Lorsque les jeunes femmes font des choix de carrière, nous ne voulons pas qu’elles écartent d’emblée le génie. Elles doivent savoir que leur talent unique a beaucoup de valeur et qu’il peut mener à des percées majeures. Nous sommes particulièrement enthousiastes de participer au Mois de l’ingénierie, car nous voulons faire découvrir aux potentiels futurs ingénieurs et ingénieures les possibilités de carrière à Postes Canada, et leur montrer qu’ils peuvent apporter une réelle contribution à notre entreprise et au pays en général. Dans cette optique, nous savons à quel point il est important d’inciter plus de jeunes femmes à choisir le domaine du génie. Nous voulons qu’elles sachent qu’elles peuvent ainsi devenir un moteur de changement positif dans la vie des gens. 

 

Q : Quelles initiatives Postes Canada a-t-elle mises en place en ce qui a trait aux femmes en génie, et comment ces initiatives contribuent-elles à offrir un environnement plus inclusif dans l’ensemble? 

Notre approche vise l’ensemble du Canada, étant donné que nous avons des équipes d’ingénierie dans la plupart des provinces. L’an dernier, nous avons lancé notre groupe de travail Les femmes en ingénierie, dirigé par certaines de nos responsables du domaine. Elles examinent les objectifs de l’initiative 30 en 30 et trouvent des manières de les mettre en œuvre à Postes Canada. En plus de participer au Mois national du génie, nous collaborons avec Go Eng Girls / GÉNIales, les filles (site en anglais seulement) à l’occasion de séances en classe et virtuelles. Nous entraînons aussi une équipe pour le Défi LEGO de cette année, axé sur la logistique et le chargement. De plus, nous travaillons avec des universités dans le cadre de programmes d’enseignement coopératif et de recrutement. Ainsi, nous mettons en contact des ingénieures accomplies avec des étudiants et étudiantes de premier cycle en génie qui pourraient considérer une carrière à Postes Canada. 

À l’interne, nous offrons un programme de mentorat. Nos ingénieures peuvent choisir un chef d’expérience qu’elles rencontrent sur une base régulière pour obtenir du coaching et du soutien. Nous avons également lancé un programme d’alliés dans le milieu de travail de l’ingénierie pour aider les hommes à comprendre les défis auxquels les ingénieures sont confrontées. Même si la situation s’est grandement améliorée en une génération, il y a encore beaucoup de travail à faire pour la prochaine. Nous avons bon espoir que notre approche à plusieurs volets favorisera le changement. 

 

Q : Souhaitez-vous dire quelque chose en conclusion? 

Nous comptons plus que jamais sur la technologie. Postes Canada envisage d’investir environ quatre milliards de dollars pour se doter de nouvelles technologies et infrastructures au cours des cinq prochaines années. Ces investissements ouvrent de nouveaux postes en génie à Postes Canada. C’est un milieu de travail passionnant et fascinant, où l’on est constamment dans l’action et où l’on doit résoudre des problèmes complexes. Les défis sont grands, mais nous avons beaucoup de plaisir à essayer de les relever.

 

Le Mois national du génie est l’événement de l’année dans le domaine du génie en Ontario. 

Changeons l’avenir du génie tous ensemble. Assistez aux activités du Mois national du génie en Ontario. Des sujets audacieux y seront abordés, et vous aurez accès à des connaissances d’experts et à des points de vue divers. C’est à ne pas manquer! Pour vous inscrire à une activité du #MNG2022, visitez notre site Web.